Cruelle image. Celle de Pierre-Emerick Aubameyang, en larmes. L'attaquant des Panthères, meilleur buteur de la compétition, a failli. Un tir au but trop mollement exécuté, la seule tentative ratée.
La conséquence est terrible : le Gabon est sorti de sa CAN alors qu'il avait l'occasion de se qualifier pour la première fois de son histoire pour les demi-finales de la compétition.
En 1996 déjà, le Gabon avait perdu aux tirs au but en quart de finale (face à la Tunisie). Ce sera donc le Mali qui retrouvera la Côte d'Ivoire dans le dernier carré, au terme d'une rencontre indécise.
Tout un pays croyait pourtant en son équipe. Tout un stade pensait assister au plus grand résultat jamais réalisé par sa sélection. Tout se présentait bien pour le Gabon, qui menait à la marque. Mais il lui a manqué sept minutes, un rien, dimanche pour éliminer le Mali, et continuer sa belle aventure à domicile.
Finalement battues lors de la cruelle séance des tirs au but (1-1, 5 tab à 4), exactement comme en 1996 en Afrique Sud alors dominées par la Tunise, les Panthères devront attendre une prochaine édition pour atteindre enfin le dernier carré.

Keita a qualifié le Mali
Après deux premières semaines de rêve, ponctuées par trois victoires consécutives en poule et un espoir naissant de créer un immense exploit, tout s'arrête donc brutalement.
En pleurs au coup de sifflet final et inconsolable, Pierre-Emerick Aubameyang, la nouvelle star locale, s'en souviendra longtemps. Celui qui avait porté les siens jusque-là a manqué son penalty. Et beaucoup plus encore, même si sa nation tout entière en ressort néanmoins grandie.
Malgré les embouteillages monstres aux abords du Stade de l'Amitié, la nouvelle enceinte de Libreville était bel et bien comble pour assister à la quatrième rencontre de ses idoles. Les 40 000 spectateurs présents ont du reste parfaitement joué leur rôle de douzième homme, entonnant à plusieurs reprises l'hymne national et des chants typiques d'encouragement.
Pendant les trois-quart de la rencontre, le Mali n'a quasiment pas existé, peut-être impressionné par cette énorme ambiance ou simplement inférieur à son adversaire. L'issue du match ne semblait souffrir d'aucun doute, encore plus après l'ouveture du score de Mouloungui (55e), qui venait là concrétiser une nette domination gabonaise.
Buteur pour la première fois de la compétition, l'attaquant niçois faisait aussi oublier les deux poteaux touchés plus tôt par ses partenaires, Aubameyang (29e) et Cousin (59e). Il aurait juste aimé que cela suffise.
Car après la sortie du capitaine et revenant Daniel Cousin, qui avait jusque-là parfaitement combiné avec son jeune compère d'attaque, la machine a subitement semblé se gripper.
Contraint à reculer puis à défendre bec et ongles son maigre avantage, le Gabon n'a pas pu éviter l'égalisation du Bordelais Diabate, sur une mauvaise intervention de son gardien Ovono (83e).
Poussées en prolongation, puis aux penalties, les Panthères ont finalement subi le coup de grâce par l'expérimenté Seydou Keita, qui lui n'a pas raté sa tentative pour envoyer les Aigles en demies, une première depuis 2004.
Au prochain tour, les hommes d'Alain Giresse affronteront le grand favori, la Côte d'Ivoire. Pendant ce temps-là, les protégés de Gernot Rohr continueront sans doute de ruminer. De se dire qu'ils sont vraiment passés tout près de quelque chose.
Mais qu'ils ne soient pas trop tristes, ils ont écrit une belle histoire du foot Gabonais, même s'ils auraient préférés une autre fin. Et maintenant, bonne chance au Mali !




