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3 Mai
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Cameroun : du fond de sa prison, Marafa écrit une lettre ouverte à Paul Biya

cameroun marafa


L'ancien secrétaire général de la présidence du Cameroun, arrêté, puis incarcéré à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé il y a quelques jours, vient d'adresser une lettre ouverte au président Paul Biya. Marafa Amidou Yaya, croupit dans les geôles de la prison centrale de Yaoundé dans le cadre de "l'opération épervier" lancée par le gouvernement camerounais en 2006 pour l'assainissement de la gouvernance financière.


Plusieurs autres membres du gouvernement dont l'ancien Premier ministre Inoni Ephraim, un autre ex-secrétaire général de la présidence, Atangana Mebara, l'ancien ministre de l'économie et des finances, Polycarpe Aba'a y séjournent également. D'après la presse locale, presque tout un gouvernement au complet est incarcéré à la prison centrale de Yaoundé, la capitale du Cameroun.


Marafa Amidou Yaya, ancien protégé de Paul Biya écrit à ce dernier pour protester contre son incarcération. " Monsieur le président de la République, le lundi 16 avril 2012, j'ai été convoqué par le juge d'instruction du Tribunal de grande instance du Mfoundi et écroué à la prison centrale de Kondengui, sans autre forme de procès... " écrit-il à celui qu'il a servi pendant près de 17 ans. A l'instar d'Atangana Mebara, Yves Michel Fotso, ancien Directeur général de compagnie aérienne camerounaise (Camer) l'ancien secrétaire général de la présidence de la République est poursuivi pour détournement de fonds publics.


L'affaire Albatros


En 2001, le président Paul Biya décide d'acquérir un nouvel avion présidentiel pour ses déplacements. Marafa alors Secrétaire général de la présidence ainsi que Inoni Ephraim son adjoint, sont chargés de piloter le dossier. Le SG comme on l'appelait au Cameroun, porte son choix sur un Boeing business Jet et ordonne le versement de 31 millions de dollars à GIA International. Cette entreprise basée aux États-Unis est chargée de la négociation de l'achat de l'appareil aux meilleures conditions. Deux ans plus tard, la société en question fait faillite. On apprendra par la suite que ladite société n'a transféré que 4 millions de dollars à Boeing. Plus grave, les protagonistes de l'achat de l'avion présidentiel vont confier la mission à Yves Michel Fotso pour que la Camer soit l'acquéreur provisoire du nouvel appareil, car la Banque mondiale était fermement opposé à cette dépense dans la mesure où le Cameroun n'avait pas encore atteint son point d'achèvement dans l'initiative PPTE(Pays pauvre très endetté). En lieu et place d'un Boeing Business Jet, Yves Michel Fotso et ''ses complices'' vont finalement opter pour un achat par ''leasing'' d'un vieil aéronef baptisé ''Albatros'' qui donnera des sueurs froides à Paul Biya et sa famille, puisqu'il a failli leur coûter la vie.


Marafa nie en bloc


''Vous savez bien que mon incarcération n'a rien à voir avec cette affaire pour laquelle je ne suis coupable d'aucun délit et surtout pas de celui que vous avez instruit que l'on m'impute'', poursuit Marafa dans sa correspondance. L'ancien Secrétaire de la présidence voit derrière son arrestation une véritable cabale provenant de la part d'individus qui veulent régler leurs comptes.


Dans sa correspondance, Marafa essaie d'attendrir le président camerounais en lui rappelant son admiration alors qu'il n'était qu'un haut cadre dans une société de la place et sa loyauté envers lui depuis près de 17 ans.


''Le 06 novembre 1982, j'ai couru derrière votre cortège du carrefour Warda jusqu'au rond-point de l'école de Bastos. J'étais alors un jeune haut cadre de la Snh ; et à ce moment-là, j'étais fier de mon pays. Par la suite j'ai été séduit par votre discours et je me suis engagé corps et âme derrière vous, convaincu de participer à l'édification d'une société de paix et de justice. J'ai essayé de toutes mes forces de travailler dans ce sens... '' écrit-il. Marafa évoque également des ''ragots'' à son encontre notamment sur des pseudos ambitions ''d'un grand destin national'' qui l'animerait de la ''stratégie de conquête du pouvoir''. A travers cette correspondance, qu'attend l'ancien secrétaire général de la présidence de Paul Biya ? Une certaine magnanimité ? Ceux qui connaissent bien celui qui se fait appeler ''l'homme-lion'' disent de lui qu'il est très attaché à son fauteuil présidentiel et voit d'un mauvais œil quiconque souhaiterait le lui ravir, comme l'ont révélé les câbles de Wikileaks à propos de Marafa Amidou Yaya.

 

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