Le nord du Mali risque de s'embraser et la crainte que le conflit se propage dans la région du Sahel, notamment au Niger, est réelle.
Les Touaregs nigériens vivent en effet dans une zone frontalière avec la Libye et le Nord-Niger pourrait bien servir de base arrière pour le MNLA et réveiller des alliances entre Touaregs et forces pro-kadhafi.
Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, une centaine de Touaregs qui combattaient en Libye ont regagné le mali avec leurs armes et leurs équipements. Pour les autorités, ils sont en parti responsables de la reprise des hostilités dans le Nord du Mali.
Le ministère de la Défense du Mali a attribué le 16 janvier l'attaque de Ménaka, dans la région de Gao (nord-est), proche de la frontière avec le Niger, à « des militaires rentrés de Libye auxquels se sont joints d'autres éléments se faisant connaître sous l'appellation du MNLA ».
C'est une explication partielle des troubles dont l'origine est beaucoup plus profonde et tient aux mauvais traitements infligés aux Touaregs depuis des décennies. Toutefois le risque est bien réel d'une interpénétration des conflits qui feraient le miel d'AQMI.

L'armée malienne a reçu récemment le soutien de l'armée française.
L'armée malienne affirme cependant être passée à l'offensive contre les rebelles touaregs dans le nord du pays en bombardant vendredi à l'aide d'hélicoptères leurs positions près de la ville de Kidal. Le pouvoir malien a reçu le soutien de la France, qui, par la voix de son ministre de la Coopération Henri de Raincourt, a prôné le respect de " la stabilité " et de " l'intégrité territoriale du Mali ".
La presse ayant été muselée, il est difficile de savoir réellement ce qui se passe. Les rebelles se sont récemment approchés à huit kilomètres de Kidal, capitale de l'une des trois régions septentrionales qu'ils revendiquent. Un responsable militaire affirme qu'ils ont été maintenant repoussés par l'armée, qui a fait usage d'hélicoptères et d'armes lourdes.
" Cinq de nos hélicoptères ont bombardé les rebelles ", a dit ce responsable, selon lequel les frappes ont eu lieu à une quinzaine de kilomètres de Kidal.
Une autre source militaire a ajouté: " Nous n'attendons plus qu'ils nous attaquent. Désormais, c'est nous qui sommes passés à l'offensive. "
Les militaires n'ont fourni aucun bilan. Un porte-parole des rebelles a dit ne pas avoir connaissance du moindre assaut lancé vendredi par l'armée. Selon lui, des hélicoptères de l'armée malienne ont bien tenté de les bombarder mercredi et jeudi, sans faire de blessés.
La France a jugé qu'il ne saurait y avoir de solution militaire à cette rébellion touarègue. " La France se tient aux côtés du Mali pour trouver des solutions politiques qui permettront de sortir de la crise ", a dit Henri de Raincourt lors d'une visite jeudi à Bamako.
" La France est attachée à la stabilité, à l'unité et à l'intégrité territoriale du Mali ", a-t-il ajouté. Les pays de la région craignent que cette rébellion ne constitue pas seulement une menace pour le Mali mais qu'elle profite aussi à Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), implanté dans cette région d'Afrique aux confins du Sahara.
Les Etats-Unis ont d'ailleurs annoncé vendredi le report de leurs manoeuvres antiterroristes avec des pays de la région afin de permettre au Mali de concentrer ses efforts contre la rébellion touarègue.
Ces manoeuvres, baptisées Flintlock 2012, devaient débuter dans le courant du mois et se prolonger jusqu'en mars.
" La participation du Mali aux manoeuvres Flintlock 2012 est essentielle à leur réussite et nous comprenons son besoin de concentrer les efforts nécessaires à la préservation de sa sécurité ", a déclaré l'ambassadrice américaine au Mali, Mary Beth Leonard, sans fournir de nouvelle date pour ces exercices de formation.
