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3 Novembre
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Zambie : les entreprises chinoises maltraitent leurs ouvriers

cuivre zambie

 

Les compagnies minières chinoises qui opèrent en Zambie sont dans le collimateur de l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW). Selon l'ONG, ces entreprises bafouent régulièrement les lois du travail, en exigeant de la part de leurs employés des journées allant jusqu'à 18 heures et en ignorant les règles de sécurité les plus élémentaires.

 

Pourtant, pour Daniel Bekele, responsable pour l'Afrique de HRW, " les investissements considérables de la Chine dans l'industrie de l'extraction du cuivre en Zambie peuvent bénéficier à la fois aux Chinois et aux Zambiens ". Mais l'humanitaire regrette que " les mineurs travaillant dans les compagnies dirigées par des Chinois sont soumis depuis longtemps à des conditions violant leurs droits en matière de santé, de sécurité et de travail, et ce, dans l'indifférence du gouvernement " .

 

Sata pieds et poings liés

  

Une manière comme une autre pour Bekele de rappeler au président nouvellement élu, Michael Sata, ses engagements en matière de réforme du système d'exploitation minière, lui qui au cours de ses nombreuses campagnes pour la présidence, critiquait fortement l'omniprésence des Chinois dans le pays. Mais soumis à des pressions, qui l'ont vu, voici un mois, annuler en moins de quatre heures, sa décision de suspendre temporairement les exportations de cuivre, Michael Sata semble aujourd'hui pieds et poings liés.

 

Pragmatique et confronté à la realpolitik, le président zambien a même déclaré samedi 28 octobre que les entrepreneurs chinois étaient les bienvenus dans son pays. Depuis l'arrivée des Chinois en Zambie en 2003, le produit intérieur brut zambien (PIB) a quasiment été multiplié par quatre, passant de 4,374 milliards de dollars à 16,193 milliards de dollars en 2010, selon des données fournies par la Banque mondiale. Par ailleurs, la Chine a également injecté 6 milliards de dollars dans l'économie zambienne depuis 2007.

 

365 jours de travail par an

  

Mais si Michael Sata affirme accueillir volontiers les entreprises chinoises souhaitant s'implanter en Zambie, celles-ci sont loin d'être irréprochables comme le montre le rapport de HRW publié jeudi 26 octobre. Dans ce document l'ONG s'intéresse aux conditions de travail chez quatre compagnies minières dirigées par des Chinois en Zambie, toutes filiales de China Non-Ferrous Metals Mining Corporation, une entreprise d'Etat.

 

Le rapport, compilé au terme de trois missions menées entre novembre 2010 et juillet 2011, dénonce pêle-mêle une ventilation insuffisante pouvant entraîner de graves maladies pulmonaires, le non-remplacement des équipements de protection endommagés ou des menaces fréquentes de licenciement visant les travailleurs qui refusent de travailler dans des endroits dangereux. Des mineurs ont expliqué qu'ils devaient travailler 365 jours par an ou que " les patrons chinois soudoient ou menacent les mineurs pour les empêcher de signaler des accidents ou d'autres problèmes " aux autorités. " Ils ne pensent qu'à la production, pas à la sécurité. Si quelqu'un meurt, il peut être remplacé le lendemain. Et si vous signalez le problème, vous perdrez votre emploi ", a témoigné l'un deux.

 

Déni d'exercice du droit de vote

  

" Bon nombre des mauvaises pratiques que nous avons constatées en matière d'hygiène et de sécurité dans les mines de Zambie dirigées par des Chinois rappellent de façon frappante les abus que l'on constate en Chine ", note Daniel Bekele, qui constate tout de même une amélioration, timide mais insuffisante, depuis l'arrivée des Chinois dans le pays en 2003.

 

Enfin, HRW note également dans son rapport que les regroupements syndicaux sont loin d'êtres les bienvenus. D'ailleurs, nombre d'employés de l'industrie minière ont été empêchés par leurs employeurs d'aller voter lors de la dernière élection présidentielle. Une attitude loin d'être anodine, puisque l'Etat Chinois était largement favorable au président sortant Rupiah Banda, allant même jusqu'à financer sa campagne. Dès lors, on comprend mieux le comportement des gestionnaires des mines ne souhaitant pas laisser voter des électeurs largement acquis à la cause de Sata. Malgré ces réserves sur le président nouvellement élu de la part des autorités chinoises, " business is business ". Ce ne sont donc pas un rapport d'une ONG spécialisée dans les droits de l'homme, ni la volonté de réforme d'un président local qui empêcheront les entreprises chinoises d'exploiter à leur guise les ressources naturelles d'un pays qui est la plus grande mine de cuivre d'Afrique.

 


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