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22 Février
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L'Afrique malade des déchets électroniques.

 

 

L'Afrique de l'Ouest doit aujourd'hui faire face à un flux croissant de déchets d'équipements électriques et électroniques issus de la consommation intérieure et provenant également de pays industrialisés. Dans un nouveau rapport, l'ONU s'alarme des conséquences pour l'environnement et les populations et préconise une gestion durable urgente de ces déchets.




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Si l'utilisation d'équipements électriques et électroniques demeure encore peu répandue en Afrique par rapport aux autres régions du monde, elle s'étend cependant à un rythme stupéfiant. Le taux de pénétration des ordinateurs personnels en Afrique, par exemple, s'est multiplié par 10 au cours de la dernière décennie, tandis que le nombre d'abonnés à la téléphonie mobile a centuplé.


L'ONU vient de publier un rapport intitulé " DEEE ? Où en sommes-nous en Afrique ? " qui explique ainsi comment l'Afrique de l'Ouest doit faire face à un flux croissant de déchets issus de la consommation intérieure d'équipements électriques et électroniques neufs et usagés.

Dans les cinq pays examinés dans le cadre de ce rapport (Bénin, Côte d'Ivoire, Ghana, Liberia et Nigeria), entre 650 000 et 1 000 000 tonnes de déchets électroniques issus de la consommation intérieure sont produites chaque année.


Mais selon l'ONU, si la consommation intérieure est à l'origine de la majorité (jusqu'à 85%) des déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE) neufs ou d'occasion produits dans la région, le problème est de surcroît aggravé par un flux constant d'équipements usagés provenant de pays industrialisés, dont d'importants volumes s'avèrent non réutilisables.



Au Ghana, en 2009, les enquêteurs ont constaté qu'environ 70 % de toutes les importations d'EEE se composaient d'EEE usagés ; 30 % des équipements d'occasion importés étaient estimés ne pas fonctionner (et être par conséquent des déchets électroniques), soit une production d'environ 40 000 tonnes de déchets électroniques en 2010.


Des enquêtes menées sur le terrain au Bénin et en Côte d'Ivoire ont révélé qu'environ la moitié des EEE usagés importés ne sont en réalité plus en état de marche et ne sont pas réparables, ce qui est considéré comme une importation de déchets électroniques.


L'analyse, réalisée entre mars et juillet 2010, de 176 conteneurs de deux catégories d'équipements électriques et électroniques usagés importés au Nigéria a révélé que plus de 75 % de tous les conteneurs venaient d'Europe, environ 15 % d'Asie, 5 % de ports africains (principalement du Maroc) et 5 % d'Amérique du Nord. On a constaté une distribution semblable au Ghana, où 85 % des importations d'EEE usagés provenaient d'Europe, 4% d'Asie, 8 % d'Amérique du Nord et 3 % d'autres pays.


Le Royaume-Uni est le principal pays exportateur d'EEE neufs et usagés en Afrique, suivi avec de grands écarts par la France et l'Allemagne. Le Nigeria est le principal pays africain importateur d'EEE neufs et usagers, suivi du Ghana.


Les équipements électriques et électroniques peuvent contenir des substances dangereuses (par exemple des métaux lourds, tels que le mercure et le plomb, et des perturbateurs endocriniens tels que les retardateurs de flamme bromés).


Des substances dangereuses sont rejetées au cours de diverses opérations de démontage et d'élimination, les rejets étant particulièrement considérables lors du brûlage de câbles pour en extraire le cuivre et de plastiques pour réduire les volumes de déchets.


Le brûlage de câbles en plein air est une source majeure d'émissions de dioxine, un polluant organique persistant, transporté sur de longues distances dans l'environnement, et qui se bioaccumule dans les organismes en remontant la chaîne alimentaire globale.


Le rapport de l'ONU montre que l'exposition aux substances dangereuses aux sites de démontage et dans les alentours pose de multiples risques pour la santé et la sécurité des personnes qui ramassent et recyclent les déchets ainsi que pour celles de la population voisine.


Les enquêteurs de l'ONU ont en effet constaté que l'emploi d'enfants est courant dans les entreprises de récupération de ferraille d'Afrique de l'Ouest.


Les activités de ramassage et de démontage sont en effet effectuées par des enfants âgés d'environ 12 ans, mais des enfants de cinq ans seulement sont parfois recrutés pour des travaux légers, y compris le démontage de petites pièces et le tri de des matériaux. L'exposition aux substances dangereuses représente une menace sérieuse pour la santé de ces enfants.




 

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