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27 Janvier
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Le 18eme sommet de l'UA doit prendre des mesures pour favoriser le commerce intra africain.

 

 

 

 

Le 18e Sommet de l'Union africaine du 28 au 30 janvier à Addis Abeba sera consacré au développement du commerce intra-africain. Il s'agira de booster ces échanges qui restent peu développés pour diverses raisons, notamment les politiques appliquées dans les différents pays.








01 commerce-intraAfricain






L'Union Africaine (UA) espère porter au moins à 25% la proportion du commerce intra-continental dans les échanges commerciaux de l'Afrique. Selon différentes estimations, les échanges commerciaux entre les pays africains ne représentent que 12 à 13 % des transactions réalisées entre le continent et le reste du monde.


Le commerce intra-africain reste donc embryonnaire. Il est bloqué par plusieurs obstacles qui concernent à la fois les produits commercialisés, les infrastructures déficientes, la faible harmonisation des politiques et les contraintes douanières dans les différents pays.


Les exportations africaines des produits de base, sont essentiellement les minerais, le bois, les matières premières agricoles (café, cacao, anacarde) et le pétrole.

Ces produits font l'objet d'une forte demande à l'extérieur du continent. En 2010, le pétrole et les produits miniers ont représenté 66% des exportations africaines, évalué à près de 500 milliards de dollars, selon l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

" Dans la mesure où beaucoup de pays africains produisent des matières premières et les mêmes produits, l'essentiel de la production est beaucoup plus destinée aux échanges avec l'étranger ", a noté Dominique Njinkeu, du département commerce international de la Banque mondiale.


Ce commerce essentiellement tourné vers l'extérieur, est un héritage de la colonisation. Ces matières premières étaient destinées aux anciennes puissances coloniales. Les échanges entre pays voisins ont ensuite continué à être négligés, en l'absence d'infrastructures favorables.

" Les villes sont connectées aux ports, mais pas entre elles, les infrastructures ne sont pas faites pour servir le commerce intra-africain ", a regretté l'expert de la Banque mondiale, Dominique Njinkeu.


L'Union Africaine estime que " les coûts des transports sont en moyenne 63 fois plus élevés dans les pays africains que dans les pays développés ".


" Il est plus facile (...) pour les hommes d'affaires africains de traiter avec leurs collègues d'Europe ou d'Amérique du Nord qu'avec leurs collègues africains parce qu'ils éprouvent encore les plus pénibles difficultés à faire passer un appel de l'autre côté de la frontière en Afrique ", a souligné l'organisation panafricaine ".


Les contraintes douanières aux frontières bloquent également le développement du commerce intra-africain. Les formalités douanières ont surtout été pensées pour le commerce avec l'extérieur mais le frein essentiel reste la corruption.


" Les chauffeurs de camion, les transporteurs et les affréteurs continuent de se plaindre de (...) difficultés le long des corridors de commerce"  en Afrique, ajoute l'Union Africaine. L'UA dénonce aussi des " frais non officiels, le harcèlement, la corruption " et des politiques douanières incompatibles, comme sur " les limites de poids par essieu ".


Pour booster le commerce entre pays voisins, l'UA peut miser sur le secteur informel. Cependant ce secteur qui est " le moteur de la plupart des économies africaines, n'est pratiquement pas réglementé, a peu accès aux financements, échappe souvent à la fiscalité et sa contribution à l'économie n'est généralement pas comptabilisée ", a dit Adélaïde Mkhonza, Sous-Secrétaire générale du Groupe des Etats d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), union commerciale et groupe d'entraide lié à l'Union européenne.


Mais le commerce informel entre pays africains est souvent considéré comme de la contrebande. " La libre circulation des marchandises et des personnes demeure théorique ", selon un rapport de la Banque Africaine de Développement (Bad). 

Pour Charles Gore, de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (Cnuced), le vrai sujet est peut-être davantage un sujet d'investissement (...) Cela serait un vrai moteur de croissance " du commerce intra-africain. " Les pays devront aussi attirer les entreprises privées (nationales et étrangères), note Charles Goré.


Les propositions de solutions sont multiples, venant d'experts avertis. L'Algérienne Fatima Karadja, vice-présidente du Conseil économique, social et culturel de l'Union africaine, met de son côté l'accent sur le rôle des femmes africaines.

" Les femmes africaines disposent d'un sens de créativité et d'une énergie qu'elles peuvent transformer en actions. Elles peuvent donc, par leur implication, apporter une vraie valeur ajoutée au commerce intra-africain. "


L'Union Africaine et les experts du commerce devront tenir compte de toutes ces propositions. Pour développer le commerce intra-africain nécessaire et stratégiquement indispensable à faire de l'Afrique une puissance.







 

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